Dick Fosbury (1947-2023) est l’athlète américain qui a entièrement révolutionné le saut en hauteur en inventant la technique dorsale, devenue aujourd’hui la norme mondiale : le Fosbury-flop.
La révolution du Fosbury-flop repose entièrement sur la biomécanique et la physique du solide : optimiser le franchissement sans augmenter l’effort d’élévation.
1. La trajectoire parabolique (fixée dès l’impulsion)
Dès que le pied de l’athlète quitte le sol, son centre de gravité suit une parabole strictement déterminée par la gravité terrestre et la vitesse initiale d’impulsion :
Invariable dans les airs : Une fois décollé, l’athlète ne peut plus modifier la trajectoire globale de son centre de gravité.
Conversion d’énergie : La course en courbe génère une vitesse horizontale et une force centrifuge qui sont converties en vitesse verticale lors du blocage du dernier appui.
2. La position du centre de gravité
Le centre de gravité est le point moyen où s’applique la masse d’un corps. Sa position dépend de la forme du corps :
Corps droit : Le centre de gravité se trouve à l’intérieur de l’abdomen.
Corps arqué en « C » : Le centre de gravité se déplace à l’extérieur du corps humain, dans le creux de la courbure.
3. L’avantage mécanique du Fosbury-flop
Dans les techniques traditionnelles (rouleau ventral, ciseau), le corps reste relativement tendu ou parallèle à la barre. Le centre de gravité doit donc passer 10 à 20 cm au-dessus de la barre.
Technique
Position du centre de gravité par rapport à la barre
Ciseau / Rouleau ventral
Doit passer au-dessus de la barre.
Fosbury-flop
Peut passer en dessous ou au niveau de la barre.
En arquant le dos au sommet du saut :
La tête et les épaules franchissent la barre en premier et descendent de l’autre côté.
Le bassin passe le sommet de la barre pendant que le haut et le bas du corps sont plus bas.
Les jambes s’élèvent en dernier par une flexion des hanches.
En faisant passer successivement chaque segment du corps au-dessus de la barre, le centre de gravité global reste sous la barre tout au long du franchissement. L’athlète peut ainsi franchir une barre plus haute avec la même quantité d’énergie mécanique.
La genèse d’une révolution
Au début des années 1960, tous les sauteurs utilisaient le rouleau ventral ou le ciseau (franchissement de face ou de profil). Fosbury, éprouvant des difficultés avec ces méthodes traditionnelles au lycée, commence à expérimenter une approche différente :
Une course en courbe pour générer de la force centrifuge.
Un appel pied extérieur pour pivoter dans les airs.
Un franchissement de dos, la tête et les épaules passant en premier au-dessus de la barre.
Cette mécanique repose sur une loi physique imparable : en incurvant le corps de dos au-dessus de la barre, le centre de gravité de l’athlète peut passer en dessous de la barre tout en la franchissant, ce qui demande moins d’effort d’élévation pure.
Le sacre de Mexico (1968)
Aux Jeux olympiques de Mexico en 1968, Fosbury désoriente les juges et le public avec sa technique inédite. Il décroche la médaille d’or en franchissant 2,24 m, établissant un nouveau record olympique.
Élément
Détail
Période active
Années 1960 – début 1970
Innovation majeure
Le Fosbury-flop (saut de dos)
Facteur facilitateur
L’apparition des tapis de réception épais en mousse synthétique (indispensables pour amortir l’atterrissage sur le dos)
Postérité
Dès les JO de 1972, la majorité des athlètes adoptent sa technique. C’est aujourd’hui la seule utilisée au niveau international.