Stevie Wonder.Les chansons dans la mélodie de la vie fêtent leur 50e anniversaire aujourd’hui
Chacun de ces tubes possède une histoire fascinante liée à la vie personnelle de Stevie Wonder ou à des collaborations inattendues.
Superstition (1972) — Un morceau volé à Jeff Beck ?
À l’origine, Stevie Wonder compose ce riff de clavinet mythique lors de sessions en studio avec le célèbre guitariste britannique Jeff Beck. Pour le remercier d’avoir participé à l’album Talking Book, Stevie lui promet de lui donner la chanson.
Beck devait enregistrer et sortir sa propre version en premier. Mais Berry Gordy, le patron du label Motown, sent tout de suite le potentiel gigantesque de Superstition et exige que Stevie la sorte en premier single. La version de Stevie Wonder devient un tube mondial instantané, ce qui créera une vive tension avec Jeff Beck (qui sortira malgré tout sa propre version plus rock peu après).
Isn’t She Lovely (1976) — Une ode paternelle poignante
Cette chanson est une célébration directe de la naissance de sa fille, Aisha Morris, née en 1975. Stevie Wonder a composé ce morceau pour exprimer son amour inconditionnel et la joie immense d’être père, alors même qu’il ne pouvait pas voir le visage de son enfant.
-
Le détail marquant : À la fin du morceau sur l’album Songs in the Key of Life, on peut entendre les véritables enregistrements audio d’Aisha bébé qui joue dans son bain avec son père.
-
Refus de la sortir en single : La Motown voulait couper la chanson pour en faire un format radio court de 3 minutes. Stevie a catégoriquement refusé, souhaitant préserver la version longue de plus de 6 minutes intégrale.
I Just Called to Say I Love You (1984) — Un succès planétaire contesté
Écrite pour la bande originale du film Le Fille en rouge (The Woman in Red), la chanson devient le plus grand succès commercial de sa carrière à l’international et lui vaut l’Oscar de la meilleure chanson originale.
Pourtant, le morceau suscite une vraie controverse auprès des puristes : certains fans de la première heure lui reprochent une production synthétique trop simpliste par rapport à la richesse de ses arrangements funk des années 70. Stevie Wonder a dédié cet Oscar à Nelson Mandela, ce qui a conduit le gouvernement d’apartheid sud-africain à interdire toutes ses chansons à la radio dans le pays.
La carrière de Stevie Wonder s’étend sur plus de six décennies. C’est l’histoire d’un enfant prodige devenu l’un des artistes les plus influents de l’histoire de la musique moderne.
Ce qui définit son style
-
Inovations technologiques : L’un des premiers artistes noirs à utiliser massivement les synthétiseurs analogiques pour créer des arrangements funk et soul novateurs.
-
Virtuosité multi-instrumentale : Il enregistre souvent lui-même toutes les parties de batterie, de clavier, de basse et d’harmonica sur ses albums.
-
Textes engagés : Ses chansons abordent aussi bien l’amour, la spiritualité, la justice sociale que les réalités urbaines des minorités aux États-Unis.
et Stevie Wonder marque la date avec quatre enregistrements précédemment non sortis des sessions originales : “It’s Easier,” “My Life Story of Love,” “I Can See the Sun in Late December” et “I’m Into Livin’.”
#StevieWonder #SongsInTheKeyOfLife #Wonderlove #SoulMusic
En septembre 1976 — il y a tout juste 50 ans — Stevie Wonder sortait son chef-d’œuvre absolu : l’album double « Songs in the Key of Life ».
C’est ce monument de la musique soul et R&B qu’il célèbre en grande pompe avec une tournée anniversaire (avec un passage prévu à l’Accor Arena de Paris le 15 octobre) et la sortie surprise de morceaux inédits enregistrés à l’époque.
Qui est Stevie Wonder ?
Né Stevland Hardaway Judkins en 1950 à Saginaw (Michigan), aveugle très peu de temps après sa naissance, il est rapidement repéré par le label Motown et devient Little Stevie Wonder dès ses 11 ans. Multi-instrumentiste de génie (piano, synthétiseurs, batterie, harmonica), il a façonné le son de la musique populaire des années 1970 avec sa voix unique et un sens mélodique inégalé.
Pourquoi Songs in the Key of Life est un monument ?
C’est le sommet créatif de ce qu’on appelle sa « période classique ». L’album rassemble des classiques intemporels :
-
« Sir Duke » (hommage aux maîtres du jazz)
-
« Isn’t She Lovely » (écrite pour la naissance de sa fille Aisha)
-
« I Wish » et « Pastime Paradise » (reprise plus tard par Coolio pour Gangsta’s Paradise)
| En bref | |
| Récompenses | 25 Grammy Awards au cours de sa carrière |
| Période dorée | 3 albums de l’année consécutifs aux Grammys (Innervisions, Fulfillingness’ First Finale, Songs in the Key of Life) |
| Impact social | Un engagement fort pour les droits civiques, notamment sa campagne pour instaurer un jour férié en l’honneur de Martin Luther King (Happy Birthday) |
