Bourvil est mort, mais personne ne s’y attendait le 23 septembre 1970
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André Raimbourg, dit Bourvil, est né le 27 juillet 1917 à Prétot-Vicquemare (Seine-Maritime) et mort le 23 septembre 1970 à Paris.
Du music-hall au cinéma
Après une enfance en Normandie et divers petits métiers, il débute au cabaret et dans le music-hall avec son personnage du « comique paysan », naïf et touchant. C’est avec la chanson La Tactique du gendarme qu’il se fait connaître du grand public.
Sa carrière au cinéma décolle après la Second Guerre mondiale. S’il commence par des comédies populaires légères, il révèle très vite une grande profondeur dramatique et une polyvalence exceptionnelle.
Les rôles marquants
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Les comédies cultes avec Louis de Funès : Le Corniaud (1965) et La Grande Vadrouille (1966), réalisés par Gérard Oury, battent tous les records d’entrées au cinéma français.
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Les registres dramatiques :
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La Traversée de Paris (1956) d’Claude Autant-Lara, aux côtés de Jean Gabin (prix d’interprétation à la Mostra de Venise).
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Les Misérables (1958), où il incarne un Thénardier sombre et odieux.
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Le Cercle rouge (1970) de Jean-Pierre Melville, son dernier film majeur, dans le rôle du commissaire Mattei.
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Héritage
Atteint du syndrome de Kahler (un cancer des os) décelé en 1967, Bourvil continue de tourner jusqu’à la fin de sa vie malgré de terribles souffrances.
Il laisse l’image d’un artiste complet — acteur, chanteur et humoriste — profondément aimé du public pour sa gentillesse, son humilité et sa capacité à faire passer le rire aux larmes.
Parallèlement à sa carrière d’acteur, Bourvil a mené une très riche carrière musicale avec plus de 300 chansons enregistrées. Il débute dans les années 1930 comme trompettiste amateur et chanteur de cabaret, avant de créer son célèbre personnage de « comique paysan » armé d’un accordéon et d’une voix faussement naïve.
Sa musique alterne entre chansons humoristiques, airs d’opérettes et mélodies poétiques plus mélancoliques.
Les grands succès humoristiques et populaires
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« La Tactique du gendarme » (1949) : Tirée du film Le Roi Pandore, c’est la chanson qui assoit définitivement sa notoriété nationale avec son débit saccadé et son comique d’observation.
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« Les Crayon de couleur » (1945) : Son tout premier grand succès populaire, écrit sous forme de monologue comique.
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« Salade de fruits » (1959) : Un refrain latino-chanson sautillant et incontournable qui devient l’un des plus grands succès de vente des années 1950.
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« Pouet-Pouet » (1956) : Reprise d’un succès des années 1920 qu’il remet au goût du jour.
Les chansons tendres et poétiques
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« La Tendresse » (1963) : Composée par Hubert Giraud, c’est son chef-d’œuvre musical. Un texte d’une grande humanité devenu un classique absolu du répertoire français, repris par de nombreux artistes (Marie Laforêt, Maurane, Trio…).
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« Un clair de lune à Maubeuge » (1962) : Une chanson fantaisiste et poétique écrite par Pierre Perrin, devenue une ritournelle culte.
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« C’était bien » / « Le Petit Bal perdu » (1961) : Une valse nostalgique emblématique de la chanson française d’après-guerre.
L’opérette et les duos
Bourvil a également été la vedette de plusieurs opérettes à grand succès sur scène, notamment au Théâtre du Châtelet :
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« La Route fleurie » (1952) : Aux côtés de Georges Guétary et Annie Cordy, où il interprète notamment Avoir un bon copain.
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« Pacific » (1950) et « Visa pour l’amour » (1961).
Écrite en 1963, la chanson La Tendresse marque un tournant majeur dans la carrière de Bourvil.
Une rencontre entre deux créateurs
Contrairement à ce que l’on pense souvent, Bourvil n’a ni écrit ni composé ce titre :
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Le texte : Il est signé par le parolier Noël Roux, qui a su traduire avec une grande simplicité des sentiments d’une profonde humanité (« On peut vivre sans richesse, presque sans le sou… Mais vivre sans tendresse, on ne le pourrait pas »).
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La musique : Elle est composée par Hubert Giraud, célèbre compositeur de la chanson française (Mambo Italiano, Sous le ciel de Paris). Il imagine une mélodie à trois temps, proche de la valse mélancolique, portée par un ton mineur à la fois doux et nostalgique.
Un contre-pied à l’image comique
En 1963, Bourvil est l’une des plus grandes vedettes de France, mais le public l’associe principalement à ses chansons fantaisistes (Salade de fruits, La Tactique du gendarme).
Lorsqu’il enregistre La Tendresse, il impose une interprétation dépouillée, presque parlée et dénuée de tout artifice. Sa voix fragile, empreinte d’une sincérité poignante, donne toute sa force au texte. La chanson devient immédiatement un immense succès et révèle un visage plus grave, pudique et émouvant de l’artiste.
Un hymne intemporel
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Dès 1964 : Marie Laforêt reprend le titre et en fait également un succès retentissant, ce qui fait hésiter aujourd’hui encore certains auditeurs sur la paternité de la chanson. Maurice Chevalier la chante aussi la même année.
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En 2020 : Pendant le premier confinement de la pandémie de Covid-19, la chanson est reprise dans une « Symphonie confinée » virale réunissant 45 musiciens et chanteurs. Elle devient le symbole de la solidarité et du besoin de réconfort.
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