Le prix élevé de l’essence et du gazole s’explique par un mécanisme de marché globalisé et une fiscalité nationale spécifique.
Le prix élevé de l’essence et du gazole s’explique par un mécanisme de marché globalisé et une fiscalité nationale spécifique.
1. Le pétrole est un marché mondial (fongible)
Même si la France n’importe pas directement la majorité de son brut depuis le Moyen-Orient (elle se fournit en mer du Nord, en Afrique, aux États-Unis ou au Kazakhstan), le prix du pétrole est unique à l’échelle internationale (cotations du Brent ou du WTI).
Si une tension géopolitique au Moyen-Orient survient, les acheteurs du monde entier se rabattent sur les mêmes fournisseurs alternatifs. La hausse de la demande mondiale fait grimper les prix mondiaux, peu importe la provenance exacte du baril.
2. La France n’est pas le seul pays cher en Europe
Il est faux de penser que la France est le seul pays européen à payer son carburant cher. Le prix du carburant dépend en grande partie de la fiscalité de chaque État membre :
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Des pays comme les Pays-Bas, la Finlande, le Danemark, la Grèce ou l’Allemagne affichent très souvent des prix équivalents ou supérieurs à ceux de la France.
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À l’inverse, des pays comme la Pologne, la Hongrie ou l’Espagne appliquent des taxes plus faibles, ce qui explique leurs tarifs plus bas à la pompe.
3. Pourquoi le prix est-il si élevé à la pompe en France ?
La principale raison est la fiscalité : environ 60 % du prix payé à la pompe correspond à des taxes d’État.
Pour un litre de carburant, le prix se décompose ainsi :
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La TICPE (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques) : une taxe fixe au volume (environ 0,68 € par litre de SP95/E10 et 0,66 € par litre de gazole).
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La TVA à 20 % : appliquée sur le produit brut, mais aussi directement sur la TICPE (une « taxe sur la taxe »).
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Le coût du pétrole brut et de la marge de raffinage/distribution (les 40 % restants).
L’État français utilise ces taxes pour alimenter son budget global (la TICPE rapportant plus de 30 milliards d’euros par an) et pour désinciter l’usage des énergies fossiles dans le cadre des objectifs de transition écologique.
Selon les données de l’OCDE, la France n’est pas le pays le plus taxé au monde, mais elle se situe systématiquement au sommet du classement mondial.
La réponse dépend du réducteur d’analyse utilisé :
1. Prélèvements obligatoires globaux (Impôts + Cotisations sociales / PIB)
Dans cette catégorie (la mesure de référence internationale), la France oscille entre la 1ᵉʳe et la 2ᵉ place mondiale avec le Danemark :
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1ᵉʳ : Danemark (~45,2 % du PIB)
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2ᵉ : France (~43,5 % à 43,6 % du PIB)
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3ᵉ : Autriche (~43,4 % du PIB)
À titre de comparaison, la moyenne des pays de l’OCDE se situe autour de 34 %.
2. Le “Coin Fiscal” sur le travail (Impôts sur le revenu + Cotisations patronales et salariales)
Si l’on regarde le coût du travail pour un salarié moyen, la France est dépassée par la Belgique, l’Allemagne ou l’Autriche, en raison du poids massif des charges sociales directes dans ces pays.
