14 octobre 2026

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L’histoire vraie de Mehran Karimi Nasseri (qui a inspiré le célèbre film Le Terminal avec Tom Hanks, réalisé par Steven Spielberg).

L’histoire de Mehran Karimi Nasseri, surnommé « Sir Alfred », est l’une des trajectoires d’errance bureaucratique et humaine les plus singulières du $XX^e$ siècle. Il a vécu pendant 18 ans, de 1988 à 2006, au cœur du Terminal 1 de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle (Roissy).

1. Les origines de l’impasse (1977-1988)

Né en 1945 en Iran, Mehran Karimi Nasseri étudie au Royaume-Uni dans les années 1970. Après avoir participé à des manifestations contre le Shah d’Iran, il affirme avoir été expulsé de son pays et privé de ses papiers nationaux.

Il obtient alors le statut de réfugié politique auprès de l’UNHCR en Belgique. En 1988, il décide de s’installer au Royaume-Uni. Mais lors de son transit entre la France et l’Angleterre, il perd sa mallette contenant ses papiers officiels (volés ou perdus selon les versions). À son arrivée à Londres, rejeté par l’immigration britannique, il est renvoyé à son point de départ : l’aéroport de Roissy.

La France ne peut pas l’expulser car il n’a pas de pays d’origine vers lequel être renvoyé, mais elle ne peut pas non plus le laisser entrer officiellement sur le territoire sans papiers. Le Terminal 1 devient sa résidence forcée.

2. Le quotidien dans le Terminal 1

Pendant près de deux décennies, Sir Alfred s’installe au niveau inférieur de la boutique du Terminal 1, sur un banc en formica rouge, entouré de valises, de cartons et de piles de journaux.

  • Son hygiène et son espace : Il se lave chaque matin dans les toilettes publiques de l’aéroport avant l’arrivée des premiers passagers. Ses vêtements sont impeccablement repassés et rangés.

  • Ses journées : Il passe le plus clair de son temps à lire la presse internationale, à étudier l’économie, et à rédiger un journal intime de plusieurs milliers de pages retraçant sa vie et ses réflexions.

  • La solidarité du réseau : Le personnel de l’aéroport (employés de bord, agents de sécurité, nettoyants, commerçants) se prend d’affection pour lui. On lui offre des coupons pour des repas, du café, de la nourriture, et les médecins de l’aéroport veillent régulièrement sur sa santé. Il refuse cependant la charité directe et ne demande jamais d’argent.

3. L’imbroglio juridique et le piège psychologique

Son cas est pris en main par Christian Bourguet, un avocat parisien spécialisé dans les droits de l’homme, qui se bat bénévolement pour lui pendant des années.

En 1999, après plus de dix ans de démarches auprès des autorités françaises et belges, la situation se débloque : la Belgique accepte de lui renvoyer ses documents de réfugié et la France propose de lui délivrer un titre de séjour et un passeport temporaire.

Cependant, l’histoire prend un tournant tragique : Nasseri refuse d’imprimer sa signature sur les documents.

Au fil des années d’isolement et de routine, il a progressivement développé une rupture avec la réalité. Il refuse d’être identifié sous son nom iranien, exigeant d’être reconnu uniquement comme « Sir Alfred Nasseri ». Effrayé par l’idée de quitter l’environnement ultra-sécurisé et structuré du terminal qu’il maîtrise, il préfère rester sur son banc.

4. La fin de l’aventure et le retour aux sources

En juillet 2006, souffrant de problèmes de santé, il est hospitalisé d’urgence. C’est la première fois en 18 ans qu’il franchit les portes de l’aéroport.

À sa sortie d’hôpital en 2007, il est pris en charge par la Croix-Rouge française et hébergé dans un foyer d’accueil à Paris. Grâce aux droits d’auteur versés par DreamWorks pour le film Le Terminal (estimés à plus de 250 000 dollars), il dispose de ressources financières, mais vit de manière très modeste.

En septembre 2022, n’arrivant pas à s’adapter à la vie en ville, il retourne vivre de son propre chef dans le Terminal 1 de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle. C’est là qu’il meurt naturellement le 12 novembre 2022, à l’âge de 77 ans, au cœur de l’endroit qui avait été son chez-lui pendant tant d’années.

l’histoire vraie de Mehran Karimi Nasseri (qui a inspiré le célèbre film Le Terminal avec Tom Hanks, réalisé par Steven Spielberg).

Bloqué pendant 18 ans (de 1988 à 2006) dans le terminal 1 de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle en raison de problèmes d’impasse diplomatique et de papiers d’identité perdus, « Sir Alfred » (son surnom) avait réorganisé toute sa vie autour des bancs, des chariots et de la solidarité du personnel de l’aéroport.

La nouvelle qui a changé son destin à l’époque a été d’ordre médical et juridique : après des années de batailles administratives où la France et la Belgique finissaient par être prêtes à lui accorder un titre de séjour, c’est finalement une hospitalisation en 2006 qui l’a obligé à quitter le terminal pour la première fois en près de deux décennies, menant ensuite à son prise en charge par des structures d’accueil et la Croix-Rouge.

L’histoire conserve une touche de poésie mélancolique : après avoir vécu en foyer et dépensé l’argent perçu pour les droits du film, il était revenu vivre de son propre gré dans ce même terminal 1 quelques semaines avant d’y éteindre paisiblement sa vie en novembre 2022.

Mehran Karimi Nasseri n’avait pas de fortune personnelle durable, mais il a perçu environ 450 000 à 500 000 dollars de droits de la part de DreamWorks pour le film [Le Terminal] de Steven Spielberg.

Il  n’a pas su capitaliser sur cette somme : après avoir dépensé ou perdu cet argent au fil du temps, il a fini par retourner vivre dans la précarité et est décédé sans le moindre bien matériel à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle en novembre 2022.

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