L’histoire d’Halloween mélange des traditions de morts, de peurs ancestrales et de légendes sombres
L’histoire d’Halloween mélange des traditions de morts, de peurs ancestrales et de légendes sombres qui ont effectivement évolué au fil du temps.
Voici ce qui se cache vraiment derrière ses origines :
1. Les vraies racines : le festival celte de Samhain
L’histoire commence il y a plus de 2 500 ans avec les Celtes en Irlande et en Écosse. Ils célébraient Samhain fin octobre pour marquer la fin des récoltes et le début de l’hiver (la saison sombre).
Pour eux, cette nuit-là abolissait la frontière entre le monde des vivants et celui des morts. Les esprits étaient censés revenir sur Terre. Pour ne pas se faire repérer par ces entités malveillantes, les villageois se déguisaient et allumaient de grands feux de joie. C’est de là que viennent les costumes et l’ambiance macabre.
2. Le mythe de Jack-o’-lantern (l’origine des citrouilles)
La lanterne d’Halloween vient d’un vieux conte irlandais sur un personnage nommé Jack, un ivrogne rusé et avare qui aurait réussi à piéger le Diable à plusieurs reprises. À sa mort, refusé tant au Paradis qu’en Enfer, il fut condamné à errer éternellement dans le noir avec pour seule lumière un charbon ardent placé dans un navet creusé. En arrivant en Amérique, les immigrants irlandais ont remplacé le navet par la citrouille, beaucoup plus abondante sur place.
3. Qu’en est-il du côté « sanglant » aux États-Unis ?
L’idée d’une histoire sombre ou sanglante liée aux États-Unis vient plutôt de la façon dont la fête a évolué au XXe siècle :
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Les farces de mauvais goût (Mischief Night) : Au début du XXe siècle en Amérique, Halloween était surtout une nuit de vandalisme potache chez les jeunes (portails démontés, vitres cassées, incendies de granges). Pour canaliser cette violence urbaine, les adultes ont encouragé les fêtes organisées et le porte-à-porte (trick-or-treating) avec des bonbons.
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Les légendes urbaines et faits divers : La culture populaire américaine s’est emparée d’Halloween pour en faire le terrain de jeux du cinéma d’horreur (comme la saga Halloween de John Carpenter). Dans la réalité, de fausses alertes sanitaires des années 1970 (la légende urbaine des lames de rasoir cachées dans les bonbons) ont ancré l’idée d’un côté un peu plus sinistre dans l’esprit collectif, même si ces faits divers sont restés extrêmement rares.
On est donc davantage sur un folklore celte mâtiné de contes fantastiques que sur une véritable page d’histoire sanglante.
Si l’on cherche une véritable tragédie sanglante et sombre de l’histoire américaine, bien loin des légendes d’Halloween, l’un des épisodes les plus poignants est sans doute le massacre de Wounded Knee, survenu le 29 décembre 1890. Il est souvent considéré comme le point final tragique des guerres indiennes.
Voici comment s’est déroulé cet événement marquant :
Le contexte : le désespoir et la « Danse des Esprits »
À la fin du XIXe siècle, les tribus amérindiennes des Grandes Plaines, notamment les Sioux Lakotas, sont à bout. Le gouvernement américain a réduit leurs terres de manière drastique, a quasi-exterminé les bisons (leur principale source de nourriture) pour les affamer, et les contraint à vivre dans des réserves sous surveillance militaire.
Dans ce climat de pauvreté et de désespoir, un mouvement mystique et spirituel se propage : la Danse des Esprits (Ghost Dance). Les Indiens dansent en cercle avec la croyance que cela ramènera leurs ancêtres, fera revivre les bisons et finira par chasser l’homme blanc pour rétablir leur liberté. Saisie de panique face à ce rassemblement, l’armée américaine y voit une menace de soulèvement et décide d’intervenir.
Le drame de Wounded Knee
Le 29 décembre 1890, le 7e régiment de cavalerie de l’armée américaine encercle un camp de Lakotas miniconjous épuisés, menés par le vieux chef Spotted Elk (que l’histoire appelle souvent Big Foot), alors mourant d’une pneumonie. Les soldats ordonnent aux Amérindiens de se désarmer.
La situation dégénère au moment de confisquer les armes :
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Un coup de feu retentit (probablement tiré par mégarde par un guerrier sourd nommé Black Coyote qui refusait de lâcher son fusil ancien).
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Immédiatement, les soldats américains ouvrent un feu nourri sur le campement.
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Pris au piège, les guerriers ripostent comme ils peuvent, mais la cavalerie braque rapidement sur place des canons Hotchkiss (des mitrailleuses légères d’artillerie) postés sur les collines environnantes.
Le massacre et ses conséquences
Les canons pilonnent le camp, fauchant indistinctement hommes, femmes et enfants qui fuient dans la neige.
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Le bilan : Entre 150 et 300 Amérindiens sont tués, dont une grande majorité de femmes et d’enfants. Du côté de l’armée américaine, on dénombre environ 25 morts, principalement touchés par leurs propres tirs croisés dans la confusion générale.
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L’après-massacre : Les corps gelés des victimes amérindiennes ont ensuite été jetés dans une fosse commune au cours d’une tempête de blizzard.
Wounded Knee reste dans la mémoire collective comme le symbole ultime de la violence de la conquête de l’Ouest et de la destruction brutale des peuples autochtones d’Amérique du Nord, bien loin des contes fantastiques.