14 octobre 2026

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Cosmos 1999 (Space: 1999 en version originale) est l’une des séries de science-fiction les plus marquantes et visuellement ambitieuses des années 1970.

Cosmos 1999 (Space: 1999 en version originale) est l’une des séries de science-fiction les plus marquantes et visuellement ambitieuses des années 1970.

L’histoire : un coup du sort nucléaire

L’intrigue débute avec la base scientifique Alpha, installée sur la Lune, où 311 hommes et femmes gèrent le stockage des déchets nucléaires de la Terre.

Le 13 septembre 1999, une surchauffe massive provoqué par des dépôts de déchets radioactifs déclenche une réaction en chaîne dévastatrice. L’explosion cataclysmique ne détruit pas la Lune, mais la catapulte hors de l’orbite terrestre à une vitesse phénoménale, l’envoyant errer dans le cosmos.

Privés de tout moyen de retourner sur Terre, les survivants — menés par le commandant John Koenig (Martin Landau) et le docteur Helena Russell (Barbara Bain) — voyagent à bord de leur « île » lunaire à la recherche d’une nouvelle planète habitable.

Origines et anecdotes de coulisses

1. Une série née des “cendres” d’une autre

À l’origine, Cosmos 1999 n’aurait jamais dû exister. Le producteur britannique Gerry Anderson (créateur des Sentinelles de l’air) travaillait sur la saison 2 de sa série UFO. Le projet prévoyait d’étendre la base lunaire défensive de la Terre. Mais après une baisse d’audience aux États-Unis, la chaîne a annulé la suite. Gerry Anderson a alors réutilisé les concepts et les décors préparés pour imaginer un show totalement autonome : la Lune arrachée à son orbite.

2. La véritable star : l’Aigle (Eagle One)

Les vaisseaux de transport, les Aigles (Eagles), dessinés par Brian Johnson, sont devenus emblématiques. Leur design ultra-réaliste, fonctionnel et modulaire a si fort impressionné le milieu du cinéma qu’un certain George Lucas s’en est inspiré pour concevoir les vaisseaux de Star Wars (notamment le Faucon Millenium).

3. Le couple vedette… et leurs exigences

À l’écran comme à la ville, Martin Landau et Barbara Bain étaient mariés lors du tournage. Très puissants à Hollywood après le succès de Mission Impossible, ils imposaient des règles strictes sur le plateau : ils bénéficiaient par contrat d’un droit de regard sur les scénarios et d’un temps de présence minimum imposé à l’écran (au grand dam du reste du casting).

4. Le choc des deux saisons

La série est coupée en deux visions très différentes :

  • Saison 1 (1975) : Ambiance philosophique, lente, mystérieuse, teintée de métaphysique et de froideur visuelle.

  • Saison 2 (1976) : Les producteurs américains trouvaient la saison 1 trop intellectuelle et lente. Ils ont engagé Fred Freiberger (producteur de la dernière saison de Star Trek) pour dynamiser le tout. Résultat : l’ambiance sombre disparaît, les monstres deviennent plus colorés, le professeur Bergman (Barry Morse) est retiré sans explication et un nouveau personnage fait son entrée : Maya, une extraterrestre métamorphe capable de se transformer en n’importe quelle créature.

5. Des costumes signés par un grand couturier

Les combinaisons spatiales moulantes, les tenues épurées unisexes et l’esthétique vestimentaire de la saison 1 ont été pensées par le célèbre couturier austro-italien Rudi Gernreich, connu pour ses créations avant-gardistes et futuristes.

Une conclusion restée hors-antenne

La série s’est arrêtée brutalement après deux saisons sans véritable épisode final. Ce n’est qu’en 1999 (l’année réelle du drame de la série) que l’actrice Zienia Merton (qui jouait Sandra Benes) a tourné un court-métrage hommage de 7 minutes intitulé Message from Moonbase Alpha. Ce mini-épisode officiel confirme que les Alphans ont enfin trouvé une planète d’accueil baptisée Terra Alpha.

Si tu veux découvrir Cosmos 1999 – voici l’épisode pilote Saison 1 en français trouvé sur le web

Ce vidéo revient en détail sur la genèse de la série, la fabrication des maquettes et les secrets du plateau de Pinewood.

Le lien principal entre Cosmos 1999 (Space: 1999) et Les Sentinelles de l’air (Thunderbirds) tient à leurs créateurs communs, le couple de producteurs britanniques Gerry et Sylvia Anderson, ainsi qu’à l’équipe technique qui les accompagnait.

1. Les mêmes pères fondateurs : Gerry & Sylvia Anderson

Dans les années 1960, le couple révolutionne la télévision pour enfants en inventant le procédé de la Supermarionation (des marionnettes animées électroniquement au niveau des lèvres et des yeux). Leur plus grand succès mondial est Thunderbirds (1965-1966).

Après avoir enchaîné les séries de marionnettes (Capitaine Scarlet, Stingray), le couple décide de franchir un cap au début des années 1970 en appliquant tout leur savoir-faire à des séries de science-fiction en prises de vues réelles avec de vrais comédiens : d’abord UFO (1970), puis Cosmos 1999 (1975).

2. Le génie des maquettes et des effets spéciaux

Le savoir-faire visuel développé sur Thunderbirds a directement nourri la fabrication de Cosmos 1999.

  • Brian Johnson et Derek Meddings : Ces maîtres des effets spéciaux et des maquettes ont fait leurs armes sur Thunderbirds. Sur Cosmos 1999, Brian Johnson affine l’art de concevoir des vaisseaux ultra-détaillés et réalistes.

  • Le design modulable : L’Aigle (Eagle Transporter) de Cosmos 1999 hérite directement du concept de Thunderbird 2. Tout comme Thunderbird 2 pouvait changer sa soute centrale selon la mission de sauvetage, l’Aigle de Cosmos 1999 dispose d’un module central interchangeable (laboratoire, transport de passagers, treuil de secours, canon).

3. La bande son de Barry Gray

Le compositeur britannique Barry Gray est le créateur de la signature sonore de l’univers d’Anderson. C’est lui qui orchestre le célèbre thème cuivré de Thunderbirds, et c’est également lui qui compose la bande originale emblématique et symphonique de la saison 1 de Cosmos 1999.

4. La fin d’une collaboration

Cosmos 1999 marque aussi la fin de cette association historique. C’est pendant la production de la première saison de Cosmos 1999 que Gerry et Sylvia Anderson se séparent et divorcent, mettant fin à leur tandem créatif légendaire.

La Supermarionation est un procédé technique inventé à la fin des années 1950 par le producteur britannique Gerry Anderson et son associé Arthur Provis (au sein de leur société A.P. Films). Ce terme, contraction de Super, Marionette et Animation, désignait une méthode révolutionnaire de tournage mêlant marionnettes à fils, électronique avancée et techniques cinématographiques traditionnelles.

Le fonctionnement technique : comment ça marchait ?

L’objectif principal de la Supermarionation était de résoudre le plus grand problème des séries de marionnettes classiques : le manque de synchronisation entre la voix des comédiens et le mouvement de la bouche des personnages.

1. La synchronisation labiale électronique

  • L’enregistrement audio préalable : Les voix des comédiens étaient enregistrées en studio bien avant le tournage des images.

  • Le signal haute fréquence : La bande sonore contenant le dialogue était convertie en un signal électrique à haute fréquence.

  • Le solénoïde interne : Ce signal était transmis le long des fils métalliques fins qui soutenaient la marionnette. À l’intérieur de la tête de la marionnette, un petit électroaimant (solénoïde) recevait le signal et faisait bouger la lèvre inférieure du personnage en parfait rythme avec les syllabes prononcées.

2. Des têtes géantes équipées de solénoïdes

Pour loger toute cette mécanique interne (solénoïde, câbles, systèmes articulés pour les yeux), les têtes des marionnettes devaient être disproportionnellement grandes par rapport à leur corps. C’est ce qui donnait cet aspect visuel très particulier aux premières séries comme Supercar (1961), Fireball XL5 (1962), Stingray (1964) ou Thunderbirds (1965).

3. Des yeux “vivants”

Les têtes contenaient également un mécanisme permettant d’orienter les yeux des marionnettes. Les billes oculaires étaient peintes sur du verre concave, ce qui donnait un regard plus brillant et humain sous les projecteurs du plateau.

La mise en scène : filmer des marionnettes comme un vrai film

Gerry Anderson ne voulait pas que ses productions ressemblent à des spectacles de marionnettes pour enfants, mais à de véritables films d’action ou de science-fiction. Pour masquer les limites du procédé, l’équipe a développé plusieurs astuces de réalisation :

  • Technique de cadrage : Les marionnettes marchaient très mal et de façon peu naturelle. La caméra évitait donc de filmer leurs jambes en mouvement : les personnages étaient quasi systématiquement cadrés au buste, assis dans des véhicules ou en position fixe.

  • L’échelle des décors : Les maquettes de bâtiments, de paysages et de véhicules étaient construites à l’échelle des marionnettes (environ 1/3 de la taille humaine).

  • Caméras cinématographiques et effets visuels : Les scènes étaient filmées avec de véritables caméras 35mm en appliquant des mouvements de grue, des travellings et une profondeur de champ digne du cinéma.

L’évolution : la “Supermarionation Anatomique”

À la fin des années 1960, l’équipe miniaturise enfin les composants électroniques. Pour la série Captain Scarlet and the Mysterons (1967) puis Joe 90 (1968), la mécanique tient désormais dans le torse de la marionnette au lieu de la tête.

Cela a permis de créer des personnages aux proportions anatomiques réelles et parfaitement réalistes, abandonnant l’allure “grosse tête” des débuts.

Pourquoi le procédé a-t-il disparu ?

Malgré son immense succès, la Supermarionation présentait deux inconvénients majeurs :

  1. Un coût de production extrêmement élevé : Fabriquer les décors miniature, entretenir les circuits complexes et tourner image par image prenait énormément de temps et d’argent.

  2. Le passage au temps réel : Dès le début des années 1970, Gerry Anderson a réalisé qu’il devenait plus simple et rentable de tourner avec de vrais acteurs en costumes au milieu de maquettes (ce qu’il fera avec UFO puis Cosmos 1999).

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