Quels sont les champignons que l’on peut ramasser en ce moment entre septembre et décembre dans la région Sud ?
Entre septembre et décembre, la région Sud (PACA) offre une très belle diversité mycologique. La récolte dépend beaucoup de l’altitude (du littoral varois jusqu’aux Alpes du Sud) et de la nature des sols (calcaire ou schisteux/acide).
Voici les principales espèces comestibles à chercher selon la période et le biotope :
1. Les incontournables de Provence (Automne)
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Lactaires (« Sanguins » et « Délicieux »)
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Période : Septembre à décembre (très résistant au froid de début d’hiver).
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Où les trouver : Principalement sous les pinèdes (pin d’Alep sur sol calcaire, pin sylvestre).
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Repères : Le sanguin vrai secrette un lait rouge rubis/pourpre ; le lactaire délicieux donne un lait orangé. Très recherchés pour la cuisine provençale (à l’huile, persillade).
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Amanite des Césars (« Oronge » ou « Coucoune »)
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Période : Septembre à fin octobre (diminue rapidement avec les premières gelées).
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Où la trouver : Dans les chênaies chaudes (chênes verts, chênes-lièges) et les châtaigneraies bien exposées (Massif des Maures, Esterel).
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Attention : Ne pas la confondre avec l’amanite tue-mouches (Amanita muscaria). L’oronge vraie a un chapeau orange vif sans verrues blanches et des lames jaunes.
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Les Cèpes
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Cèpe bronzé / Tête de nègre (Boletus aereus) : très présent dans le Sud sous les chênes verts jusqu’en octobre.
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Cèpe de Bordeaux (Boletus edulis) : de septembre à novembre sous les châtaigniers et conifères (Maures, Luberon, Sainte-Baume).
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2. Le cœur de saison (Octobre – Novembre)
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Pied-de-mouton (Hydnum repandum)
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Période : Octobre à décembre.
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Où le trouver : Sous-bois variés (chênes, hêtres, pins).
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Repère : Facilement reconnaissable grâce aux petites pointes (aiguillons) sous le chapeau à la place des lamelles.
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Chanterelle en tube & Trompette de la mort
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Période : Octobre à décembre (très tardives sous le climat doux).
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Où les trouver : Les chanterelles en tube adorent la mousse des pinèdes ; les trompettes poussent dans les chênaies et hêtraies très humides (Var, arrière-pays).
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Griset / Tricholome terreux (Tricholoma terreum)
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Période : Fin octobre à décembre.
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Où le trouver : Abondant sous les pins d’Alep.
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Prudence : Risque de confusion avec d’autres tricholomes toxiques (comme le tricholome tigré). À faire vérifier impérativement.
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3. Les tardifs de fin d’année (Novembre – Décembre)
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Pied-bleu (Lepista nuda) : pousse tardivement en sous-bois de feuillus ou de résineux, reconnaissable à ses teintes violettes et sa bonne tenue à la cuisson.
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Pleurote de l’eryngium / « Oreillette » (Pleurotus eryngii) : très prisé dans les garrigues ou pâturages calcaire sur les racines de panicaut (chardon).
Rappel de sécurité
En cas de doute sur une espèce (notamment les amanites ou les petits champignons gris) :
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Ne récoltez que les spécimens parfaitement identifiés.
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Transportez votre récolte dans un panier en osier (jamais de sac en plastique).
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Faites contrôler votre cueillette par un pharmacien ou une société mycologique locale.
En France et dans la région Sud (PACA), la réglementation encadrant la cueillette des champignons repose sur des règles juridiques générales fixées par le Code forestier et sur des arrêtés préfectoraux ou municipaux spécifiques.
Voici les principales dispositions à respecter :
1. Le principe de propriété et les volumes autorisés
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La propriété privée : En vertu de l’article 547 du Code civil, les fruits de la terre (dont les champignons) appartiennent au propriétaire du terrain. Ramasser des champignons dans une forêt privée sans l’autorisation du propriétaire est théoriquement un vol. Dans la pratique, la tolérance est de mise pour une consommation familiale, sauf si le terrain est matérialisé par des panneaux de propriété privée ou de chasse gardée.
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Les forêts publiques (domaniales ou communales) : Gérées par l’Office National des Forêts (ONF), elles autorisent la cueillette à des fins strictement familiales, mais limitent les quantités. En l’absence d’arrêté local plus restrictif, la règle générale tolère un volume correspondant à 5 litres par personne et par jour (ce qui équivaut approximativement à un panier).
2. Les arrêtés préfectoraux et municipaux
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Les restrictions locales : De nombreux départements de la région Sud (Var, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes) ou certaines communes prennent des arrêtés spécifiques pendant la haute saison automnale. Ces arrêtés peuvent réduire les volumes tolérés, interdire le ramassage certains jours de la semaine (pour éviter les conflits avec la chasse, par exemple) ou protéger des espèces locales menacées.
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Le cas des prélèvements commerciaux : Tout ramassage destiné à la vente (professionnels) nécessite obligatoirement une autorisation du propriétaire du bois (qu’il soit privé ou public) et le respect de déclarations fiscales et sanitaires strictes. Le ramassage en très grande quantité (au-delà des quotas familiaux) est passible de fortes amendes.
3. Les règles de bonne conduite et de protection de l’environnement
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Le respect du milieu : Il est interdit d’utiliser des râteaux, des crocs ou tout autre outil susceptible d’endommager le mycélium et la litière forestière. La cueillette doit se faire de préférence à la main ou en coupant le pied délicatement avec un couteau.
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Le mode de transport : L’utilisation de paniers en osier ou de contenants rigides aérés est fortement recommandée (et parfois exigée par certains règlements locaux) pour permettre la dissémination des spores pendant la marche, garantissant ainsi le renouvellement des champignons les années suivantes. Les sacs en plastique sont à proscrire car ils accélèrent la fermentation et altèrent la comestibilité.
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La signalisation : Respectez impérativement les zones de battues de chasse affichées dans les massifs durant l’automne pour votre propre sécurité.