3 septembre 2026

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Le 18 juin 1940 est véritablement l’acte fondateur de la France Libre.

Pour bien comprendre ce qui s’est passé ce jour-là dans les studios de la BBC à Londres, il faut se replonger dans l’urgence de cette folle journée.

Voici le déroulement et les coulisses de cet événement historique :
Le contexte immédiat : un pays au bord du gouffre

La veille, le 17 juin, le maréchal Pétain, tout juste nommé chef du gouvernement français, a prononcé un discours radiophonique dramatique annonçant qu’il fallait « cesser le combat » et demander l’armistice.

Refusant cette capitulation, le général de Gaulle, alors sous-secrétaire d’État à la Guerre, quitte la France le matin même à bord d’un avion britannique pour rejoindre Londres. Son objectif : obtenir le soutien du Premier ministre britannique, Winston Churchill, pour poursuivre la guerre.
La journée du 18 juin 1940

Le feu vert de Churchill : Dès son arrivée, de Gaulle rencontre Churchill. Le Premier ministre britannique accepte de mettre les micros de la BBC à la disposition du général français, malgré les réticences de certains membres de son propre gouvernement qui espèrent encore négocier avec le futur gouvernement de Vichy.

La rédaction du texte : Dans l’après-midi, installé dans un petit appartement londonien au 41 du quai Seymour, de Gaulle rédige son discours. C’est un texte court, ciselé, pesé mot par mot.

L’enregistrement (18h00) : De Gaulle se rend aux studios de la BBC à Broadcasting House. Vers 18h00, il s’assied devant le micro. Bien qu’il soit un inconnu pour la grande majorité des Français, sa voix résonne pour la première fois sur les ondes à 22h00 ce soir-là.

Les grands axes de l’Appel

Le discours repose sur une vision géopolitique et militaire extrêmement lucide :

Reconnaître la défaite présente, mais refuser la défaite finale : Il admet que la France a été submergée par la force mécanique et la tactique allemande.

Une guerre mondiale : C’est l’argument clé. De Gaulle rappelle que la France n’est pas seule. Elle dispose d’un vaste empire colonial, peut s’allier avec l’Empire britannique qui domine les mers, et anticipe l’apport immense de l’industrie des États-Unis. Pour lui, ce conflit est une guerre mondiale, pas un simple duel franco-allemand.

La flamme de la résistance : C’est la phrase restée gravée dans les mémoires :

« Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. »

Ce que l’on oublie souvent (les petites histoires de la Grande)

Le discours a été censuré… par les Britanniques : Dans sa première version écrite, de Gaulle se montrait très dur envers le gouvernement Pétain. Pour des raisons diplomatiques, le cabinet britannique a exigé qu’il adoucisse ses propos. De Gaulle a accepté de modifier les premières lignes, ne voulant pas rompre définitivement les ponts avec Bordeaux (où siégeait le gouvernement français) avant de voir comment la situation évoluait.

Il n’existe aucun enregistrement audio : Contrairement à une idée reçue, le discours du 18 juin n’a pas été enregistré par la BBC (on ne stockait pas systématiquement les voix à l’époque). La bande sonore que l’on entend partout aujourd’hui est en réalité celle de l’appel du 22 juin 1940.

Un impact immédiat très faible : Très peu de Français ont entendu l’appel en direct ce soir-là. Les gens étaient sur les routes de l’exode ou n’écoutaient pas la radio anglaise. C’est la presse régionale française, le lendemain et les jours suivants, qui va largement relayer le texte et lui donner sa portée historique.

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