3 septembre 2026

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Exposition Renaissances baroques Claire et Philippe ORDIONI textes de Rodia Bayginot

Après le succès des 2 premiers HORS BORDS, nous remettons ça le 26 septembre de 14h à 21h
Expo PHOTO :
Claire et Philippe ORDIONI et leurs Renaissances baroques
(Voir présentation + bas)
Poésie :
Unnélie
Performance sonore :
Peache et Unnélie
+
Bijoux :
Adhelyart
Petit mobilier et décoration -créations / relooking :
Unnélie et Peache
Bar et petite restauration sur place
31, bd Thiers 13015 Marseille
Métro Gèze-Bus 98-Arrêt Bricarde
Pour ceux qui viennent en voiture se garer soit dans le bd Thiers soit dans la contre-allée du Bd Barnier, sinon, comme en centre-ville, les rues autour.
De 14h à 21h
Entrée Libre
06 71 53 22 60
À propos de l’exposition Renaissances baroques :
Portraits baroques en Renaissances – textes de Rodia Bayginot
Renaissances barOques est une série de Claire et de Philippe Ordioni, la dernière en date des photographies « baroques » aux nombreuses variantes, dont Les divas barOques, BarOcalypses, Spirits of barOcco, BarOquistadors avec lesquelles les deux artistes ont fait le tour des festivals en France et à l’Étranger. Leur travail commun commence dès 2012, quand le père et la fille réalisent des portraits de personnages dystopiques, survivants hallucinés par le manque et la misère, dont le seul ancrage pour exister resterait de faire bonne figure en utilisant comme parures des objets désormais inutiles, détournés d’un usage dont ils ne savent apparemment rien du tout. Cages à oiseaux en guise de cagoules, tuyaux de ventilation en guise de plastrons, serpillières en perruques, saladiers et minerves vétérinaires comme chapeaux, et bien sûr abat-jours pour tiares, les touchants personnages de ce futur désenchanté amusent et inquiètent par leur naïveté et révèlent une absence totale de transmission depuis les générations antérieures. Quelque chose s’est perdu.
Devant ces portraits, notre regard passe rapidement de l’étonnement poétique, un peu moqueur, au malaise, puis à l’angoisse lorsqu’on soupçonne l’irréparable. Cependant, la vie continue de la façon la plus évidente qui soit avec ce besoin de parures et de manifester sa propre originalité, de la proclamer parfois la bouche grande ouverte sur un cri muet.
Nous ne connaîtrons peut-être jamais la véritable histoire de ces êtres imaginaires. Le récit romancé de leurs généalogies écrit par Claire et Philippe demeure dans un disque dur, il ne fut jamais publié. Ce qui n’aurait de toute façon vraiment révélé le mystère, tant semble épaisse la distance qui nous sépare de cette humanité du futur, tout aussi éloignée de nous que celle des temps préhistoriques. Son apparente proximité demeure paradoxalement hermétique, comme le sont les témoignages rupestres des peuples contemporains de Lascaux.
Dans la série en cours, Renaissances barOques, les deux artistes réactivent les thèmes du désastre, du souvenir et de la réparation. Dans la vraie vie, celle des supports fragiles de la photographie imprimée, c’est une inondation qui causa des dommages : le naufrage fut évité de justesse. Dans la vraie vie encore, celle de la résilience, des tirages malmenés mais collés sur dibond, matériau imputrescible, échappèrent à la benne en attente de séchage pour une éventuelle restauration. Après avoir stoppé les moisissures, il s’avère que les dégâts pouvaient présenter une certaine esthétique…

Renaissances barOques parle aussi d’un renouveau de la collaboration de Claire et Philippe Ordioni. Un éloignement géographique et des contraintes matérielles, des projets individuels plutôt qu’en duo, d’autres collaborations artistiques avec d’autres personnes, et voilà cinq années d’écoulées depuis leur dernière riche et épuisante création photographique accompagnée d’un récit littéraire et d’un court-métrage, le magnifique ouvrage BarOccus Dreyfus.
Renaissances barOques est donc une résurrection. Le mot n’est pas si fort quand on songe à la dimension spirituelle de leur univers où le chamanisme flotte sans complexe avec le christique dans une ingénuité décomplexée. Des expériences picturales sur photos sauvées des eaux pour transformer le sali en sublime s’apparentent logiquement aux opérations numériques des calques scarifiés que Philippe Ordioni applique habituellement en post-traitement photographique. Dans l’atelier actuel, la technique complexe s’accompagne de macérations et de l’indispensable processus de maturation nécessaire à toute évolution. La mixture aléatoire et non conventionnelle dégage parfois des vapeurs désagréables qui ne sont pas sans faire écho finalement à l’esprit général des portraits baroques aux parfums de souffre et de scandales.
C’est ainsi que Lucifer, le porteur de lumière, continue à titiller la photographie pour y écrire des signes indéchiffrables entre deux couches de glacis picturaux. Et la vie reprend son cours en triomphant des préjugés qui consistent à considérer qu’une photo est foutue lorsqu’elle a trempé dans l’eau stagnante telle une Ophélie désespérée. La tragédie n’est pas de mise chez les Ordioni. La moisissure, matière organique qui intervient pendant la fermentation, est une énergie renouvelable. Elle prend désormais sa place dans leur panthéon où la déchéance, qui est un malentendu, s’assume avec un magnifique doigt d’honneur.
rodia bayginot

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