C’est quoi L’adrénochrome ? mythe info intox ?
L’adrénochrome est une molécule chimique réelle, issue de l’oxydation de l’adrénaline. En chimie et en médecine, c’est un composé organique étudié depuis le milieu du XXe siècle, mais qui fait également l’objet de nombreuses théories du complot célèbres.
La réalité chimique et scientifique
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Origine et synthèse : L’adrénochrome ($C_9H_9NO_3$) se forme naturellement en quantité infime dans le corps humain lors de la décomposition de l’adrénaline. Elle peut également être facilement synthétisée en laboratoire par oxydation de l’adrénaline avec des réactifs chimiques courants.
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Propriétés médicales : Dans les années 1950, des chercheurs (notamment Abram Hoffer et Humphry Osmond) ont émis l’hypothèse que l’adrénochrome pouvait jouer un rôle dans la schizophrénie, suggérant qu’elle avait des effets psychotropes ou hallucinogènes. Cependant, des études ultérieures et plus rigoureuses ont infirmé cette hypothèse.
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Utilisation : Des dérivés de l’adrénochrome (comme le monosemicarbazone d’adrénochrome, aussi appelé carbazochrome) ont parfois été utilisés dans certains pays comme agents hémostatiques pour réduire les saignements légers en favorisant la coagulation. La molécule n’a aucun usage récréatif ni vertu miraculeuse de rajeunissement.
Origines dans la culture populaire
L’association de l’adrénochrome à une drogue puissante ou mystique provient principalement de la littérature et du cinéma :
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Aldous Huxley (Le Meilleur des mondes, Les Portes de la perception) : Huxley évoque l’adrénochrome dans ses travaux sur les substances altérant l’esprit au milieu du XXe siècle.
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Anthony Burgess (L’Orange mécanique, 1962) : Dans le roman, le personnage d’Alex et ses amis boivent du Moloko Plus, un lait mélangé à des drogues, dont le « drencrom » (une altération phonétique d’adrénochrome).
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Hunter S. Thompson (Fear and Loathing in Las Vegas, 1971) : C’est cet ouvrage (adapté au cinéma par Terry Gilliam en 1998) qui popularise le mythe moderne de la substance. Dans le récit, un personnage prétend que l’adrénochrome est prélevée directement sur les glandes surrénales d’un être humain vivant. Hunter S. Thompson a lui-même reconnu plus tard avoir totalement inventé cet aspect fantastique et macabre pour les besoins de sa fiction.
La théorie du complot contemporaine
À partir de la fin des années 2010, l’adrénochrome est devenue un élément central de théories complotistes, notamment relayées par le mouvement QAnon et divers cercles en ligne :
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Le mythe : Selon ces récits infondés, une élite mondiale secrète pratiquerait des rituels occultes au cours desquels elle prélèverait de l’adrénochrome sur des enfants effrayés (l’adrénaline étant censée être plus concentrée sous l’effet de la peur). Cette substance servirait de drogue euphorisante ou d’élixir de jeunesse.
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Origines historiques : Les spécialistes du complotisme soulignent que cette narration reprend les structures du « mythe du crime rituel » (ou meurtre rituel), une très ancienne accusation antisémite datant du Moyen Âge, réadaptée aux codes visuels et numériques modernes.
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Réfutation scientifique : Comme l’adrénochrome est un composé chimique simple facilement fabriquer par synthèse chimique pour la recherche biologique (disponible auprès de fournisseurs de produits chimiques de laboratoire pour un coût très modeste), l’idée d’une extraction humaine n’a scientifiquement et pratiquement aucun sens.