Un peu d’histoire avant la rencontre avec AGAR et Ketura après SARAH
L’histoire d’Abraham dans le livre de la Genèse — de son premier appel divin jusqu’à la naissance de son fils Isaac — s’étend du chapitre 12 au chapitre 21. C’est l’itinéraire spirituel et géographique d’un homme qui quitte tout sur une promesse et dont la foi est éprouvée pendant vingt-cinq ans.
L’appel au départ et l’arrivée en Canaan
Genèse 12:1-9
À 75 ans, Abram reçoit l’ordre divin de tout quitter : « Va-t’en de ton pays, de ta patrie et de la maison de ton père, vers le pays que je te montrerai. » Dieu lui promet trois choses : une terre, une grande descendance et une bénédiction pour toutes les nations. Abram part de Haran avec sa femme Saraï, son neveu Lot, leurs serviteurs et leurs troupeaux. Ils arrivent en Canaan, où Abram dresse des autels à Sichem et à Béthel.
La famine et l’intermède en Égypte
Genèse 12:10-20
Une grave famine frappe Canaan. Abram descend en Égypte pour y séjourner. Craignant d’être tué en raison de la beauté de Saraï, il la fait passer pour sa sœur. Le Pharaon la prend dans son palais et comble Abram de biens. Dieu frappe le Pharaon de grandes plaies ; découvrant la vérité, le souverain expulse Abram et Saraï, qui repartent riches en troupeaux et en serviteurs (dont Agar).
La séparation d’avec Lot
Genèse 13
De retour en Canaan, la richesse des deux hommes provoque des querelles entre leurs bergers respectifs. Abram propose une séparation pacifique. Lot choisit la plaine fertile du Jourdain (près de Sodome), tandis qu’Abram s’établit aux chênes de Mamré, à Hébron. Dieu confirme alors à Abram qu toute la terre qu’il voit sera donnée à sa descendance.
La guerre des rois et Melchisédech
Genèse 14
Une coalition de rois d’Orient envahit la région de Sodome et capture Lot. Abram arme 318 de ses fidèles serviteurs, poursuit les rois, les bat de nuit et libère son neveu. À son retour, il est béni par Melchisédech, roi de Salem et prêtre du Dieu Très-Haut, qui lui apporte du pain et du vin. Abram lui donne le dixième de tout son butin.
L’Alliance et la promesse des étoiles
Genèse 15
Abram s’inquiète d’être toujours sans enfant et d’avoir pour héritier son serviteur Éliézer. Dieu le fait sortir, lui dit de compter les étoiles et affirme : « Telle sera ta descendance. » Abram fait confiance à Dieu. Une alliance solennelle est conclue par le rite des animaux coupés, au cours duquel Dieu prédit l’exil de 400 ans en Égypte avant la possession définitive du pays.
La naissance d’Ismaël
Genèse 16
Après dix ans en Canaan, Saraï, désespérant d’enfanter, donne sa servante égyptienne Agar à Abram. Devenues rivales, Saraï maltraite Agar qui s’enfuit au désert. L’Ange du Seigneur la réconforte au puits de Beer-Lahaï-Roï et lui ordonne de rentrer. À 86 ans, Abram devient père de son premier fils, Ismaël.
Le changement de noms et la circoncision
Genèse 17
Treize ans plus tard (Abram a 99 ans), Dieu lui apparaît de nouveau. Il confirme l’Alliance et change leurs noms : Abram devient Abraham (« père d’une multitude ») et Saraï devient Sarah (« princesse »). Dieu institue le signe de la circoncision pour tous les mâles et annonce explicitement que Sarah elle-même enfantera un fils nommé Isaac (Yitzhak, « il rira »).
Les trois visiteurs et l’intercession pour Sodome
Genèse 18 — 19
Dieu apparaît à Abraham sous la forme de trois visiteurs aux chênes de Mamré. Abraham fait preuve d’une grande hospitalité. Les visiteurs confirment que Sarah aura un fils l’année suivante. Sarah, écoutant à l’entrée de la tente, rit en elle-même en raison de son âge avancé (90 ans). Ensuite, Abraham intercède auprès de Dieu pour tenter d’épargner la ville de Sodome, qui sera finalement détruite, Lot étant sauvé de justesse.
L’épisode avec Abimélek à Guérar
Genèse 20
Abraham se déplace vers le Negev et s’installe à Guérar. Comme en Égypte, il présente Sarah comme sa sœur. Le roi Abimélek la fait prendre, mais Dieu l’avertit en songe. Abimélek rend Sarah intacte à Abraham avec des présents et reproche son mensonge au patriarche, qui prie ensuite pour la guérison de la maison du roi.
La naissance d’Isaac
Genèse 21:1-7
Dieu accomplit sa promesse : Sarah met au monde un fils. Abraham est âgé de 100 ans exactement. Il circoncit l’enfant au huitième jour et le nomme Isaac. Sarah s’exclame alors : « Dieu m’a fait un sujet de rire ; quiconque l’apprendra rira à mon sujet. »
Vingt-cinq années s’écouleront ainsi entre l’appel initial à Haran (à 75 ans) et l’accomplissement de la promesse par la naissance d’Isaac (à 100 ans), marquant le point d’ancrage de la lignée patriarcale.
Ketura et les six fils d’Abraham
Ketura était la troisième épouse (ou concubine) d’Abraham, épousée environ 65 ans après Agar. Son nom évoque l’encens ou le parfum. Elle lui donna six fils : Zimran, Jokschan, Medan, Madian, Jischbak et Schuach — tous distincts des fils d’Ismaël, bien que souvent confondus avec eux dans la tradition.
Madian, la lignée la plus importante Parmi les six, Madian est de loin le plus documenté : c’est le peuple de Jéthro (Shu’eyb dans le Coran), le beau-père de Moïse, qui l’a accueilli après sa fuite d’Égypte et lui a donné sa fille Séphora en mariage. Jéthro est présenté comme un prêtre du Dieu véritable, dont le conseil (organiser des juges sur le peuple) fut décisif pour Moïse. Le texte développe aussi les cinq fils de Madian (Epha, Epher, Hénoc, Abida, Eldaa) et leur dispersion en Arabie.
Les Kéniens et Récabites Descendants de Jéthro, les Kéniens (forgerons nomades) se sont alliés à Juda ; leur branche récabite (Jonadab) reçut une promesse divine de descendance perpétuelle « devant le Seigneur » (Jérémie 35), malgré leur mode de vie austère.
Origine des Arabes « purs » Le document distingue les Arabes Qahtanites (descendants de Jokschan/Ya’rub, dits « purs ») des Arabes « arabisés » (descendants d’Ismaël), retraçant les grandes tribus (Azd, Lakhm, Kinda, etc.) et leur rôle dans l’histoire préislamique et islamique.
Autres peuples rattachés Le texte relie aussi aux fils de Ketura : les Spartiates (via une tradition rapportée par Josèphe), les Druzes (qui vénèrent particulièrement Jéthro), et évoque des hypothèses (plus spéculatives) sur les Roms/Gitans et les Huns, appuyées par des données d’haplogroupes Y-ADN.
Prophéties et conclusion Plusieurs passages bibliques (Ésaïe, Habacuc) et coraniques concernant Madian sont interprétés comme annonçant un retour futur de ces peuples vers le Dieu unique. Le document se termine par un appel direct aux « Fils de Ketura » à revenir à la foi de leur ancêtre Abraham.